domingo, 11 de noviembre de 2007

Livia (en français)

Il pleuvait. Les gouttes d’eau tombaient comme des petites granades froides lancées dès les nuages.

Je suis arrivé à temps, mais je ne la voyais nulle part. Je ne parlais pas avec elle dès les temps de la fac, les études et la mer de livres. Mais je pensais à elle tout le temps, je ne pouvais pas l’oublier.

Je me suis assis devant une table du café, et ma imagination a commencé à voyager.

Elle, elle s’appelle Livia. La première fois que je l’ai vue, le temps s’est arrêté, comme s’il était une voiture sans une goutte d’essence. Elle était une rêve vivante, ses cheveux châtains et ses yeux du couleur de la Lune, sa peau blanche, brulée par des petites taches marrones qui remplissaient ses épaules, je peux encore rappeler son sourire, son beau sourire de perles carrées.

"Es-tu éveillé?" Sa voix m’a tiré de mes chimères.

Elle était complètement changée. Le feu froid de ses yeux s’est éteint il y a longtemps.

"Je me suis pacsée avec Paul, notre ami à la fac, tu te rappeles, non?" Ah, voilà, la reponse.

"Nous vivons ensemble à Lyon, où nous nous sommes élevés" Ses yeux éteints me voyaient fixement, sans vie ; je regrettais son sourire de perles carrées.

"Nous pensons à nous marier. Tu es invité, biensûr" Sa voix monotone remplissait le café où nous nous sommes retrouvés.

À mon avis, je suis toujours amoreux d’elle ; elle a toujours été ma femme, ma épouse. Je me suis marié avec elle la première fois que je l’ai vue. Tout à coup, avec cette Livia, je me sentais vieuf.

"Je n’ai jamais pensé que je irais me devenir une femme au foyer. Alors, nous pensons à adopter une petite fille, nous aimons bien cette idée. Qu’est-ce que tu penses ?"

Je ne pouvais pas parler. Le fait de l’imaginer dans une famille traditionelle, avec des enfants ; l’idée de imaginer à Livia, ma Livia, comme une personne âgée me faisait peur. Je ne pouvais pas l’imaginer retraitée, divorcée, concubinée, pacsée... Je ne pouvais pas l’imaginer en vivant sans moi.

Je suis parti du café sans rien dire et j’ai couru chez moi. Je me suis tombé sur ma lit avec Livia, ma Livia, cela qui vit dans mon coeur, la Livia du sourire de perles carrées et de la peau brulée par des petites taches marrones; pendant que les grenades d’eau continuaient à exploser dehors.

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